Friday, October 13, 2006

Le petit asticot et moi, Part II

Il y a quelques semaines, je vous narrais ici même, sous les quolibets de certains, ma tentative maladroite de passer mon permis. Une opération commando qui s'était transformée en Baie des cochons, version mécanique.

En début de semaine, nous avons envoyé notre voiture en réparation, et du même coup loué une caisse toute pimpante pour la semaine.

Ni une, ni deux, j'ai donc sauté sur l'occasion pour tenter à nouveau de passer ce fameux permis avec un carrosse irréprochable. D'autant plus que le permis français ne sera plus valable à partir du 1er novembre...

Même parcours que la dernière fois, je me rue sur internet et tente de dénicher un rendez-vous. Encore une fois, les seules possibilités sont à Burnaby (désormais surnommé "Barnabé"). Rendez-vous pris pour le surlendemain, mercredi, à 10h30.
Outre le fait que ce soit à Pétaouchnok, Barnabé est aussi le plus grand centre d'examen. Un paquet d'inspecteurs y travaille. L'organisation est bien huilée. Beaucoup de ptits d'jeunz accompagnés de leurs parents... Et moi, et moi, et moi... Pendant que j'attends dans ce grand hall, j'observe d'un coin de l'oeil les différents inspecteurs. Il y a le jeune gars jovial, la trentennaire avenante...


- "Djoulein Capwawo" ?
- Euh... c'est moi, je crois.


Horreur. Enfer et damnation.
Derrière le comptoir et ses lunettes, "mon" inspecteur asiatique et revêche, en train de triturer mon permis français, m'appelle.

Pourquoi moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ???????, et surtout pourquoi Lui ?
Nous voilà repartis. Nous marchons vers la voiture. Il engage la discussion, ne me remet pas complètement. Je le rafraîchis, le remet à la page.
Il s'arrête.

- "si vous avez déjà raté votre permis, comment se fait-il que j'ai votre permis français entre les mains.
- Mais je ne l'ai pas raté. Rhââ voiture, compteur... souvenez-vous, bon sang, Li Peng !




Précision, à ce point, que j'avais d'ailleurs refoulée dans un coin obscur de mon esprit: en cas d'échec au permis, si on a pu venir seul en voiture... on n'a pas le droit de repartir seul en voiture ! La province reprend votre permis, et vous délivre une autorisation temporaire, une sorte de conduite accompagnée : on ne peut plus dès lors conduire seul.
J'avais éludé cet aspect du problème. Si jamais je me croute, il faudra, en plus, que Caroline vienne jusqu'ici me chercher... ce soir. Mais vous avez suivi, c'est moi qui ai la voiture. Une paille...

On arrive à la voiture. Il y a un -discret- auto collant de la société de location.

- "c'est une voiture de location" assène-t-il.
Ben oui, c'est marqué dessus. Comme le, etc.

- Je peux voir le contrat ?
Panni pwoblem mawie theweze.

- Votre nom ne figure pas sur le contrat"

Ronooooondudjuuuuuu !!!!!!! Toujours ce même ton pincé, à la fois autoritaire, par la fonction et réservé par tempérament. Pas là pour la gaudriole, le gars.

-"Eh bien, c'est à dire, voyez-vous, c'est ma femme qui a loué le véhicule." La vache, c'est reparti comme en 14... je pédale dans la semoule.

- "Mais nous avons fait ajouter expressément mon nom hier soir au contrat, qui aurait dû être modifié."
Hm. Je doute que ça suffise. Je me vois déjà plier les gaules pour un remake. En moins drôle. Comme souvent avec les remakes. Sauf peut-être avec les "Bronzés font du ski". Mais je m'égare.

- "Je vais les appeler dans ce cas". D'un pas décidé, l'inspecteur est déjà reparti vers le bureau. Je poireaute à la voiture. Et rumine.

Trois minutes plus tard, je l'entends : "Juilen ?"

Quoi maintenant ? Il est en ligne avec le loueur mais n'arrive pas à ses fins. Je prends le combiné et explique la situation. On est en règle. Merci.

La suite est plus facile. Grâce au coïtus interruptus permitis de la dernière fois, je connais un peu mieux la bête. Il me ressert mot pour mot sa soupe :

- "gnagna conduisez prudemment, gnagnagna ne faites rien d'illégal... gnagnagna je n'essaierai pas de vous pièger".
Au moins aujourd'hui il n'a pas mis ses sandales de JC avec ses chaussettes bleues. Ca m'aurait distrait.
Concrètement, je conduis comme un neuneu, à 45 à l'heure. Respecte (encore heureux) scrupuleusement les indications.
On est en bonne voie, l'inspecteur sifflote. Quelle éclate !

A un feu rouge, j'ai une claire interdiction de tourner à droite (inhabituel ici, où il est autorisé de tourner à droite à un feu rouge)
Le feu s'éternise... Personne à droite, personne à gauche. Un gros con dans un pick up derrière klaxonne, pour que j'avance et tournen au mépris le plus évident du code de la route. Je le reluque discrètement dans le rétro : je bois du petit lait.
Je me lance, faux-cul :
- "Quand même, les gens sont pressés...
- oh oui, c'est sûr".

Passionnant.
On revient à la base. L'a pas intérêt à m'enfumer, le Bruce Lee.
Non, c'est bon, c'est même pas mal du tout, qu'il dit.
Un peu, mon n'veu !!!
Non mais...

3 comments:

Daddy said...

...et une démonstration de la Diagonale du Fou? Tu crois que ça l'aurait inspiré? raah raah raah! Ils en sont pas encore là,là-bas à l'ouest,où tout est neuf,où tout est sauvage,libre continent sans virage,euh grillage!
Well done fils en tout cas,mais pas surprenant avec un tel fleuron de la conduite française :)

Julien Capraro said...

pour la diagonale du ouf, il eut fallu demander à Docteur Saugère, spécialiste, eut un temps, de ce genre de figures... aie aie aie.

Shooshoo said...

J'ai toujours vu le passage de permis de conduire en Nord -Amérique comme une formalité , formalité illustrée par de nombreuses séries et films où de jeunes nerds pré-pubéres roulaient pépérés dans les contre-allées de lotissement type "Wisteria Lane" et repartaient bardés du précieux sésame.
Force est de constater que la vérité est ailleurs comme l'aurait dit Mulder. Bravo Jackie X, tu as dompté Jackie Chan, le Canada était orphelin de grand pilote depuis le québecois Jack Newtown !!!
A toi la popaul position :))))