Saturday, July 21, 2007

des nouvelles du front

Pour les quelques âmes désœuvrées qui errent ici from time to time, désolé du long hiatus. Aucune excuse valable.

Je vous avais laissés le bec dans l'eau, causant de la venue de Francis. Il est venu, il a vu, il a joué et il est même resté. Vancouver, c'est le bout de la route pour ce genre de tournée. J'ai hésité jusqu'au dernier moment pour aller assister au concert, puisqu'il restait une poignée de billets, semble-t-il, même une salle comble.
Sur le pestacle en lui-même, je ne peux rien dire, donc. On m'a rapporté une ambiance chaleureuse, intime, un tour de chant sous forme de Best Of (puisque c'est l'album qu'il promeut actuellement). Plus intéressant en revanche, et selon une source "proche du dossier", l'attitude globale du gars Francis. Sortie après le concert avec musiciens, et les gentils organisateurs. Un Francis décontrachté, qui paye sa mousse, et qui souhaite en savoir plus sur le coin, demande des conseils. Aux dernières nouvelles, il aurait suivi le conseil des Pet Shop Boys, "Go West" (repris plus tard par la tribune Boulogne du PSG sous l'air "Allllllllez, Paaaaaris Saint Germain... mais je m'égare) direction l'ile de Vancouver, Tofino. L'air du large, les aigles, les ours, les baleines.
Loin des pseudos "People" préfabriqués sous l'objectif complaisant de paparazzi affamés. Pour "Voici" ou "Public", Cabrel c'est zéro, nib. Persona non grata. Et c'est bien comme ça.
Passer du temps en Colombie-Britannique plutôt qu'à Saint'Trop', oui.
Parce qu'en plus, eh ben, ici, c'est tout simplement, "le Meilleur endroit au monde".

Si si.

La campagne de pub en faveur du tourisme en Colombie-Britannique bat son plein et prend le temps de s'appesantir sur le concept tout en finesse de "Best Place On Earth".




La Province avait déjà opté pour un sobre "Beautiful British Columbia" comme message pour ses plaques minéralogiques. Décidément, les publicitaires locaux font dans le style direct.
C'est même pas "British Columbia, un coin bien sympa", c'est juste "Ze Best Place". En toute simplicité.

Le problème, avec des slogans pareils, c'est le niveau d'attente que cela génère. Et à ce niveau, il suffit d'aller faire un tour au "Downtown Eastside", pour suggérer ne serait-ce qu'un tout petit bémol.
L'endroit est réputé comme le plus pauvre du Canada. La Cour des Miracles. Tout ce que le pays semble compter comme paumés, criminels, junkies et autres freaks s'y retrouve.

"The Best Place On Earth."... où selon une étude récente, le taux d'Hépathite C ou de HIV est à un niveau que seul le Botswana peut concurrencer. A deux rues du quartier rupin de Yaletown, repère de Yuppies, super Bobos et nouveaux riches, la drogue circule à ciel ouvert et on ose à peine s'arrêter à un feu rouge, comme hypnotisé par le spectacle.

"The Best Place On Earth"... où l'autre jour, une amie qui travaille dans les services sociaux y a aperçu un type, dans la rue, qui se regardait dans le rétro-viseur d'une voiture : il avait une seringue à la main et cherchait une veine dispo. Tranquille.

"The Best Place On Earth"... Où les prostituées sont tellement à la dérive que le désormais célèbre Robert Pickton, dont le procès va encore durer un bon moment, a pu pendant près de 10 ans enlever, violer et tuer, selon les sources, entre 6 (avéré) et 50 (putatif) jeunes femmes. Les détails, plus sordides et effrayants les uns que les autres, filtrent, jour après jour depuis près de 6 mois dans la presse. Un serial Killer qui fait passer Hannibal Lecter pour un Teletubbie ou Francis Heaulme pour le Schtroumpf Grognon.

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