Monday, January 01, 2007

And the winner is...

Bonne année, bonne santé !
Ca... c'est fait.
Chose promise, etc, je reviens sur la soirée de nowell du boulot de Caroline...

Ce traditionnel pince-fesses de fin d'année est un temps fort de la vie de l'entreprise. L'occasion de rencontrer les conjoints, de s'endimancher un brin, de s'encanailler et de se taper la cloche aux frais de la princesse. Rendez-vous était donc pris au Hilton de Richmond. Richmond, ville tristoune au sud de Vancouver. Banlieue grise, suite de centres commerciaux, McDo, d'industries, de maisons sans charme, le tout en enfilade sous pistes de l'aéroport.

Première surprise à notre arrivée (18h30), le nombre d'employés déjà présents : alors que l'entreprise en question a annoncé moins d'une semaine auparavant la fermeture de l'usine d'ici moins de 6 mois(société mondialement connue pour son ruban adhésif et ses "Gratounettes"...) tout le monde est déjà présent ou presque. M'est avis que dans les mêmes circonstances en France, et pour témoigner sa mauvaise humeur, la plupart des "travailleurs et travailleuses" syndiqués auraient mis un point d'honneur à cracher dans la soupe...

La grande salle de banquet fait penser à un mariage, avec une vingtaine de tables rondes. Au milieu une piste de danse. Un Dj, dj "Kevin", gros moustachu en smoking, tripotte ses platines sur le côté. Contre le mur sont alignés des paquets et filets garnis en vue de la tombola, et un pupitre a été installé pour les différents speechs.


Une grosse dame, trop maquillée et un peu vulgaire m'entreprend dérechef
- "Ah, ravie de vous rencontrer, j'ai beaucoup entendu parler de vous !"...

Elle est déjà avinée, bosse dans l'entreprise depuis 18 ans. Comme elle a dans l'idée de se décheniller, elle et son mari ont pris une chambre à l'hotel. Elle commence par me donner un aperçu de quelques ragots. Elle est partie sur les chapeaux de roue, ce soir, c'est la der'! Autant s'en prendre une petite !

Caroline est nerveuse. Ce soir elle officie en tant que co-"Mc", et doit présenter les prix. Elle m'abandonne à mon triste sort, entre les griffes de la mère maquerelle. Les jours précédents, elle a eu le temps de "répéter" les différentes passe d'armes avec son autre MC, directeur de l'usine. Le tout est organisé à l'américaine. Les prix, qui récompensent différentes catégories d'employés, sont très attendus. Ici, le titre "d'employé de l'année" n'est pas pris à la légère, il y a même quelques menues pépettes en jeu.

L'assemblée fait penser à une vieille pub Benetton. Les différentes ethnies se sont installées chacune de leur côté. Chinois, Philippins, Vietnamiens, "Caucasiens" (pour blancs becs) font clairement tables à part. Au fond à droite les Indiennes (d'Inde, pas avec les plumes et le tipi) ont sorti leurs tenues d'apparat; C'est un splendide colorama de saris dorés, turquoises, pourpres, roses...

Caroline me présente à des tas d'individus plus ou moins remarquables. Certains ont quelques questions à poser. "Et alors, Vancouver, ça y en a vous plaire ? "

Enfin, le buffet est servi. J'ai une dalle de compétition, et comme je suis à la "table d'honneur", je fais une razzia en règle. Avantage, pendant que je suis en train de manger, au moins, ça me donne une contenance. Les convives peuvent librement causer de l'entreprise, des mérites comparés des différentes fêtes de fin d'année.

Ma voisine tient le cap au niveau du rouge. Elle et son mari organisent des convois pour aller recharger la mule au bar. (pas de vin à table...)

Caroline s'absente ensuite pour aller présenter les "Awards". Tout est reglé comme du papier à musique : on se croirait à Hollywood ! Différentes catégories, un petit laïus sur les nominés, et enfin, l'enveloppe, le vainqueur, qui rejoint le pupitre sous les applaudissements.. Puis les photos posées avec le prix, entre Caroline et le directeur de l'usine. Heureusement, et comme la soirée dure un petit moment, les lauréats n'ont pas l'occasion de remercier famille/amis et producteurs. Encore une fois, tout le monde fait comme si de rien n'était, comme si cette cérémonie n'était pas la dernière... Le directeur, un grand quadra sympa, se fend heureusement d'un petit poème plutôt bien vu.

Avant que le DJ n'enflamme le dance floor à coups de Village People ou d'ABBA, la cérémonie de remise des prix continue. Ma voisine, définitivement éméchée, fait ses pronostics à voix haute. Elle a presque tout bon !



Au final, me revient à l'esprit l'histoire du Stakhanovisme. Les grosses ficelles de la propagande soviétique moquée par les américains... Ou comment augmenter tirer le maximum de son petit peuple, de ses camarades, ou de ses employés. Galvaniser les troupes. La carotte et les paillettes, finalement, ça marche pas mal !

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